Seneweb.com Accueil |   Gerer ce blog   

La CNAES et les risques d’une bêtise académique,

Posté par: Aboubakrine Ndiaye| Mercredi 10 avril, 2013 19:44  | Consulté 2212 fois  |  3 Réactions  |   

Description : http://www.senenews.com/wp-content/uploads/2012/06/cour-magistral-fac.jpeg

La réunion d’esprits ou d’idées de gens supposés intelligents devrait donner naissance à des idées intelligentes mais c’est tout le contraire qui a dû se passer après l’annonce des mesures drastiques à imposer aux étudiants s’ils veulent poursuivre leurs études dans ce pays. Le sommet qui faisait l’état des lieux de l’enseignement supérieur au Sénégal a pondu une idée qu’on peut qualifier de tout sauf intelligente. Comment au vu des hausses annoncées pour les frais de scolarité dans l’enseignement supérieur au Sénégal, tout en sachant le niveau de pauvreté de notre pays, ce comité de concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur a-t-il pu se déclarer être au chevet des enseignements supérieurs à vau-leau pour reprendre le terme du professeur Bachir Diagne qui l’a présidé. Soit c'est vraiment à la limite du ridicule ou que le régime veut, sous-couvert de ces gens respectés, faire passer des décisions qu’il n’oserait jamais prendre du jour au lendemain, dont celle de « privatiser le public ». La lecture que refuse de faire l’état suite à cette concertation semble être le fait que le comité CNAES lui a signifié le financement total à mobiliser pour arriver au chevet de l’enseignement supérieur et qu’il veut lire par ces termes du discours du premier ministre Abdoul Mbaye : « … pour l’émergence d’un système d’enseignement supérieur et de recherche capable d’entretenir lui-même son constant rafraîchissement, et sa permanente adaptation à notre contexte national, mais aussi à l’environnement mondial… », où on lit clairement l’objectif affiché de l’auto-entretien du système par le système. Mais si les frais de scolarité devraient être revus à la hausse de plus de 100% avec le ticket petit déjeuner qui passerait de 75 à 200F, celui du repas de midi ou du soir de 150 à 400F, l’inscription de 10 000 à 150 000F (1500 % d’augmentation) tout en prévoyant une réduction des boursiers jusqu’à hauteur de 38%, l’état aurait pu faire plus court dans son discourt en déclarant tout simplement la privatisation des enseignements supérieurs par hypothèque car toujours confiés à des gestionnaires tous politiciens et politiciennement nommés.

 

Pourtant, personne ne devrait ignorer que la vie d’étudiant au Sénégal fait partie de celle des plus difficiles dans ce pays surtout que c’est généralement vécu loin du cocon familial. Les bourses d'étude au Sénégal sont toujours payées aux ayant-droits bien après l'année scolaire qu'elles devraient financer et généralement avec des retenus de tout genre pour les premières fois en tout cas ; si effectivement l'étudiant dispose d’une bourse. Alors que leurs salaires à eux président, ministres, députés, etc. n'attendent jamais, ne serait-ce qu’un mois après la date prévue pour leur être versé. Pire, certains se font payés même six mois après être démis de leur fonction. Tandis que nos étudiants, de famille modeste pour la plupart, ont le plus besoin de ces aides boursières car vivant une précarité hors pair dans l’ensemble (logements surpeuplés, difficultés à se payer les tickets et subvenir à certains besoins vitaux comme le transport, etc.). Ils attendent très souvent la fin de l'année qu'ils couronnent avec des grèves et plusieurs manifestations pour espérer obtenir ces modiques sommes dites « bourses d’étude ». Alors cette vie précaire de campus, nos autorités osent taxer à ces mêmes étudiants des frais de scolarité ou d'inscription aussi élevés, ce serait juste une façon de renvoyer ces étudiants sans moyens financiers chez eux et de décourager les plus jeunes d'entre eux dans les premières années de faculté ou ceux qui sont encore au lycée ayant l'intention de poursuivre des études supérieures à s'orienter ailleurs, une façon de les renvoyer au diable. Ceci tout sauf une volonté de redynamiser ou de faire émerger le domaine des enseignements supérieures dans le sens d'aider les premiers concernés sur le plan national en tout cas, les étudiants. La lecture politique qui semble transparaitre dans ce tohu-bohu est que le financement qui devrait être destiné à ce domaine suite à cette concertation devrait être détourné pour d’autres fins qu’on ne saura jamais. Et ainsi, les politiques transposent toujours la crise vers les populations les plus défavorisées quand il s’agit de la régler. Encore une fois, le système libéralo-capitaliste prend le dessus sur le social pur et simple pour orienter les victimes de ces mesures peut être vers la lutte (lamb) dont les médias ont fini de faire croire aux populations qu’il est facteur de développement. Dans ce cas alors, même les études seront réservées aux couches plus aisées de notre société. Ce qui représente une infime partie de notre population et une faillite de cette concertation. Au moment où les réalités socio-économiques que vit chaque étudiant devraient en tout cas être prises le plus au sérieux car étant un capital espoir en terme de ressources humaines, nos autorités préfèrent donc se débarrasser du fardeau de la recherche et de l’enseignement publique.

 

Dans un pays où plus de 60% des ressources viennent essentiellement des sociétés de services et nullement de ressources naturelles, étudier ne devrait pas coûter si cher sinon gratuit. Une autre question qu’on espérait être débattue et dont on n’a pas entendue la CNAES mettre l’accent dessus parmi ses recommandations : l’obligation d’étudier jusqu’à un certain âge en projet car l’application et le bon fonctionnement du système occidental dont on ne peut se départir pour l’instant à un seul et unique ennemi, l’analphabétisme. Etudier y est une nécessité même si ce n’est peut-être pas totalement valable dans notre société traditionnellement parlant où un chanteur est devenu ministre. L’état est donc en train de fuir cette double responsabilité (financement et mesure d’obligation). Il n’y a là aucune volonté de redresser un système éducatif qui les a pratiquement tous formés gratuitement. Le régime de Macky est donc encore en train de faire n'importe quoi, après nous avoir distrait avec leur "croisade" contre les barons de l'enrichissement illicite où les vrais criminels économiques continuent de narguer toute une population éprouvée par la crise actuelle, tout en sachant qu’ils ne seront pas inquiétés où que puissent aboutir ces enquêtes. Mais pire encore, on parraine à ces barrons de la délinquance financière tout type d'événement (lutte, soirée de gala, etc.), on les invite même à se foutre du monde à travers certaines émissions. En quelque sorte, le régime en place vient d'amplifier une crise là où il était censé l’éliminer en prenant à bras le corps le problème de l’enseignement supérieur et ses responsabilités.

 

L'éducation et la santé sont deux domaines où un régime se doit d’investir sans espérer de retour sur investissement effectif pas avant 18 ans minimum, le temps qu’un écolier de l’élémentaire arrive à décrocher un diplôme équivalent d’un bac+5. Tout pays africain qui se veut être compétitif dans les prochaines décennies où l'Afrique est très attendue en terme d’économie et technologie vu qu’il y a tout à y créer, c'est maintenant qu'il faut y mettre les moyens financiers en construisant des universités avec des logements pour étudiant, en réglant le problème des bourses et ne surtout pas faire machine arrière en diminuant le nombre de boursiers, etc. Seulement, les politiques n’ont qu’un seul et unique projet à tout moment, gagner les prochaines élections.

 

 L'auteur  Aboubakrine Ndiaye
Une faute d'orthographe, une erreur á signaler ? Une précision á apporter ? Ecrivez moi avec votre info ou votre correction et en indiquant l'url du texte.
Commentaires: (3)
 Ajouter mon commentaire    Afficher les commentaires
Aidez-nous à modérer les commentaires en nous signalant les insultes. Merci de votre collaboration.
KAKATAR*1 on April 12, 2013 (20:35 PM) 0 FansN°:1
MR. Aboubakrine Ndiaye MERCI POUR VOTRE CONTRIBUTION.
VOUS ÊTES LIBRE DE NE PAS PARTAGER L'AVIS DE DU COMITÉ DE PILOTAGE DE LA CONCERTATION NATIONALE SUR L'AVENIR DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR.
LE SÉNÉGAL EST UNE RÉPUBLIQUE "LAIQUE" ET ET VOUS ÊTES LIBRE DE NE PAS ÉCOUTER CES GENS. MAIS LE PROF. S.B.DIAGNE ET SES PAIRS ONT FAIT UNE PROPOSITION SUR L'ESTIMATION DU COÛT POUR AVOIR UNE UNIVERSITÉ DE QUALITÉ. UNE FORMATION DE QUALITÉ DANS TOUS LES DOMAINES EXIGE DES MOYENS DE QUALITÉ.
J'AI VÉCU ET FRÉQUENTÉ L'UNIVERSITÉ DE DK AVANT QU'ELLE NE S'APPELLE CAD.
À L'ÉPOQUE IL AVAIT MOINS DE 20 000 INSCRITS ( entre 18-19 000 étudiants) DANS 4 FACULTÉS( FAC MÉDECINE+PHARMACIE, FAC SCIENCES, FAC SC.ÉCONOMIQUES et JURIDIQUES, FAC LETTRES et SC.HUMAINES)
AUJOURD'HUI, L'UCAD COMPTE PLUS DE 75.015 ÉTUDIANTS POUR SEULEMENT 217 SALLES FONCTIONNELLES (chiffres officiels du rectorat) |du Jeudi 06 septembre, 2012 .
COMMENT OBTENIR UN ENSEIGNEMENT DE QUALITÉ DANS CES CONDITIONS?
SALLES ET AMPHIS BONDÉS...RESTAURANTS SURCHARGÉS AVEC BAGARRES ET COUPS POUR ENTRER ET MANGER LE PREMIER...
QUAND JE SUIS PASSÉ IL Y A QUELQUE MOIS, J'AI FAILLI PIQUER UNE CRISE CARDIAQUE.
C'EST PIRE QUE CE QUE J'AVAIS LAISSÉ.
ON NOUS A MALHEUREUSEMENT FAIT CROIRE AU SÉNÉGAL QU'IL FAUT FAIRE L'UNIVERSITÉ POUR RÉUSSIR... CE QUI N'EST PAS TOUJOURS VRAI.
IL FAUT METTRE L'ACCENT SUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE. NOUS AVONS COMME JE L'AI SOUVENT ÉCRIT ICI ET AILLEURS UN...
KAKATAR*1 on April 12, 2013 (20:37 PM) 0 FansN°:2
IL FAUT METTRE L'ACCENT SUR LA FORMATION PROFESSIONNELLE. NOUS AVONS COMME JE L'AI SOUVENT ÉCRIT ICI ET AILLEURS UN ENSEIGNEMENT FARFELU ET THÉORIQUE QUI MET TROP L'ACCENT SUR LA CULTURE GÉNÉRALE
(histoire, géographie,litterature, langues...)
ALORS QUE LES GENS NE PEUVENT MÊME PAS SE NOURRIR (avec les produits de leur jardin) FABRIQUER DES VÉLOS,....
EN ALLEMAGNE MOINS DE 20% D'UNE TRANCHE D'ÂGE VA Á L'UNIVERSITÉ. LES AUTRES FONT TOUTES LES FORMATIONS POSSIBLES (DE LA BOULANGERIE,......Á... Z...) AUSSI LES UNIVERSITAIRES NE SONT PAS LES MIEUX PAYÉS.
MOI J'AI PAYÉ POUR MON INSCRIPTION 5 000 FRANC CFA / LE TICKET DE RESTAURANT ÉTAIT DE 50? petit déjeuner/100? repas CFA et CES PRIX SONT RESTÉS INAMOVIBLES !!!!!
SOYONS SÉRIEUX !!!!! IL FAUT TROUVER UN FINANCEMENT POUR RECONSTRUIRE, RÉÉQUIPER ET SÉPARER LE BON GRAIN DE LA RACAILLE GRÉVISTE QUI NE PENSE QU'Á FAIRE DES GRÈVES ET BRÛLER LES BIENS COMMUNS (BUS ddd) ENTRE AUTRES.
150 000 CFA C'EST BON ET LES PAUVRES-BRILLANTS QUI N'ONT PAS CETTE SOMME PEUVENT ÊTRE AIDÉS PAR L'ÉTAT MAIS AU CAS PAR CAS.
Alire on April 13, 2013 (07:04 AM) 0 FansN°:3
État de droit, gouvernance vertueuse, transparence, etc. à l’épreuve des faits.
kathior, 24 novembre 2012 00:18 de nettali


Grave un recteur qui ignorait royalement l'autonomie des structures, avec une gestion tant décriée par les syndicats et des citoyens de tous bords se retrouve nommé Ministre de l'Enseignement Supérieur de la Recherche, sans aucune enquête sérieuse. Les faits qui lui sont pourtant reprochés sont d'une telle gravité qu'il ne doit certainement son "salut" (c'est temporaire, car un jour chacun rendra des comptes, ces anciens amis du PDS ne diront pas le contraire) que grâce la transhumance du PDS à l'ARP à la 25ème heure. Les "amis" avant la patrie.


Sauvons nos universités publiques du naufrage.
(leral.net 9 oct. 2012 de Citoyen)

Ajouter un commentaire

 
 
Aboubakrine Ndiaye
Blog crée le 29/08/2012 Visité 105829 fois 15 Articles 515 Commentaires 10 Abonnés

Posts recents
Pourquoi le matérialisme n'est pas une nécessité pour l'existence humaine ?
Post Scriptum : Des sujets pour "professeur ou docteur universitaire" ?
TROP C'EST TROP MACKY,
Réplique aux offenses du Pr Sankharé sur le Coran,
Horreur médiatique : Génocides des minorités de croyance musulmane
Commentaires recents
Les plus populaires
Loi sur la limite d'âge des véhicules importés, une supercherie
L'accentuation de la musulmanophobie occidentale, une Prophétie !
Dans l'attente d'une sanction sévère du football sénégalais !
"Crise" malienne : Une réincarnation de l'histoire du "tires-ailleurs" sénégalais
SILENCE : On tue au Centre de l'Afrique